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L'époque de la 
télévision mécanique

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«La Télévision mécanique : les premières expériences»



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Selon le Business Week en 1931, les télédiffuseurs admettaient «que leurs efforts intéressent presque exclusivement l'expérimentateur, c'est-à-dire le jeune homme féru de mécanique dont le principal intérêt (sic) repose davantage sur le fonctionnement de la télévision que sur la qualité de l'image reçue». William Boddy, 1991.



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Fred Hammond, VE3HC, est un radioamateur vétéran qui est présent sur les ondes depuis 1929. Au début des années 30, il était l'un des rares expérimentateurs radio au Canada à s'intéresser à la télévision mécanique et fabriqua son propre récepteur visuel mécanique. À titre de radioamateur actif, il fut à même d'entendre les différents signaux de télévision mécanique. Ce vidéo est un extrait de l'exposition «Devan le petit écran».

Sensationnelle depuis toujours, la télévision ne connut pourtant pas un succès instantané. En 1926, Orrin Dunlap, le chroniqueur radio du New York Times, qualifia le nouveau média de «passion passagère d'inventeur». Un an plus tôt, l'Écossais John Logie Baird, et l'Américain Charles Francis Jenkins , produisaient les premières images en direct en combinant (ou synchronisant) des disques explorateurs mécaniques primitifs à l'émission et à la réception. Ces démonstrations, qui furent bientôt réalisées dans des magasins, des expositions et devant des scientifiques et des représentants du gouvernement, attirèrent l'attention de la presse et du public.

Parmi ceux qui s'y intéressaient particulièrement, on retrouvait quelque 250 millions de sans-filistes amateurs dont le nombre augmenta au début des années 20, lorsque la «Radio Mania » souffla sur l'Amérique du Nord. Ces amateurs furent parmi les premiers producteurs et consommateurs de radio et de télévision. En 1928, Jenkins entreprit la diffusion sporadique de silhouettes rudimentaires qu'il appelait radiofilms. Voici comment il décrivit l'enthousiasme de son public d'amateurs lorsque ces derniers scrutaient les ondes à la recherche des signaux sur leur appareil maison : « Des milliers d'amateurs regardent avec fascination l'image pantomime sur leur récepteur montrant la délicate Jans Marie qui s'amuse à faire rebondir un ballon, Miss Constance qui accroche son linge sur la corde, et la petite Jacqueline qui interprète une danse athlétique en compagnie de Maître Fremont, son habile partenaire.»

À ses débuts, l'écoute de la radio était un passe-temps laborieux qui exigeait des amateurs, surtout masculins, des connaissances techniques et des ajustements fréquents de l'appareil. Les adeptes des débuts de la télévision mécanique scrutaient patiemment les ondes en quête de signaux. Quelquefois, ils obtenaient de petites images floues. L'ajout d'un appareil radio permettait de capter le son qui accompagnait l'image.

La radio n'entra dans la plupart des foyers qu'après une certaine adaptation, c'est-à-dire lorsqu'elle commença à ressembler plus à un meuble qu'à un gadget, qu'elle devint plus facile à utiliser, et qu'elle put être appréciée par plus d'une personne à la fois. La télévision suivit un itinéraire similaire, mais son assemblage complexe et coûteux nécessita une période d'expérimentation plus longue avant que les coûts ne baissent, et que l'invention d'écrans plus grands et d'images plus claires ne fasse entrer «la vision à distance» dans les foyers.

Malgré ces restrictions, les pionniers de cette télévision mécanique rudimentaire réussirent à élaborer les principes de base du balayage de l'image et de la synchronisation entre l'émetteur et le récepteur. Ils virent également le potentiel qu'offrait ce média pour raconter des histoires. En 1928, la première télédiffusion d'une dramatique en direct, une production à trois caméras intitulée The Queen's Messenger, fut captée sur un appareil Octagon de General Electric, à Schenectady, dans l'état de New York. En 1931, RCA diffusait de l'Empire State Building des signaux expérimentaux qui mettaient en vedette Félix le Chat, un personnage bien connu de dessins animés. La première vedette de la télévision était née.

En 1935, la télévision mécanique faisait déjà face à une impasse en Amérique de Nord. La résolution de l'image demeurait faible, atteignant au mieux 120 lignes; il n'y avait aucune norme de transmission ou de réception; la programmation des émissions disponibles était imprévisible et, en raison du nombre restreint de téléspectateurs, les annonceurs hésitaient à acheter du temps d'antenne.

Les Canadiens étaient plutôt des observateurs enthousiastes de l'évolution de la télévision. Des amateurs écrivirent à Jenkins pour lui dire qu'ils captaient ses radiofilms, probablement en raison de la proximité géographique de la frontière américaine et de la grande distance que parcouraient les signaux de la télévision mécanique (qui étaient diffusés sur ondes courtes). Au début des années 30, la Canadian Television Limited, la Western Television et la Peck Television firent des démonstrations dans des magasins à rayons de Toronto, de Montréal et de Winnipeg. À Toronto, Foster Hewitt, qui devint plus tard la «voix du hockey» au Canada, fut le maître de cérémonie lors du dévoilement de l'étalage de la Western Television chez Eaton. Malgré l'intérêt du public, les capitaux nécessaires à la fabrication d'appareils au pays n'étaient pas suffisants.